| Indépendant et numérique, incompatible? |
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There are no translations available. En évoquant la publication de Michel Reilhac récemment, nous entendions que la Belgique manquait de salles de cinéma. D’après l’auteur de l’essai Plaidoyer pour l'avenir du cinéma d'auteur, notre pays ne dispose que d’une salle pour 21 000 habitants pour entre 8 et 17 000 habitants dans les autres pays européens. Nous avons tenu à prendre le pouls du côté de XDC en interviewant Fabrice Testa, directeur commercial au sein de la société d’équipement de salles en numérique.
Selon vous, il n’y a pas assez de salles en Belgique ? Je ne sais pas si on peut dire qu’il n’y en a pas assez. La Belgique n’est pas un grand pays. On compte près de 500 salles, d’autres devraient s’ouvrir petit à petit. Dans les villes, les cinémas sont souvent bien présents. Ce sont souvent des multiplexes. Maintenant, peut-être manque-t-il de petites salles qui projettent plus facilement les films dits « d’auteur ». En général, on sait que ce sont plutôt les multiplexes qui sont équipés en numérique. Est-ce que, selon vous, « équipement numérique » et « cinéma indépendant » sont incompatibles ? Absolument pas. Il est vrai que l’équipement a un certain coût et que les petites salles ont du mal à faire le pas. Des systèmes de financement existent, comme par exemple le VPF, mais ils impliquent aujourd’hui surtout les distributeurs des majors américaines. Comme ils visent le grand public et un plus grand nombre d’entrées, ils jouent la carte de l’entertainment, ce qui n’est pas l’optique des distributeurs de films indépendants. Parallèlement à cela, la chaîne de cinémas des Grignoux qui fonctionne avec une ligne éditoriale plutôt « d’auteur », remporte un certain succès également. Mais ils ne sont pas équipés en numérique… En effet. Cela dit, je ne crois pas que le cinéma numérique est réservé aux films commerciaux. Le digital permet la diffusion de plusieurs versions (langues/sous-titres) et une plus grande diversité en termes de contenu, mais aussi de formats (3D relief, etc.). D’un point de vue économique, le numérique est plus intéressant. Cependant, nous sommes souvent confrontés à des discours « puristes » de gens qui sont convaincus que le seul format valable est le 35mm et ce, tant du côté des exploitants que du côté des réalisateurs. Qu’en est-il en Belgique ? Aujourd’hui, une centaine de salles sont équipées dont environ 80 appartiennent au groupe Kinépolis. Or entre 70 et 80 % de leur programmation est en numérique, une programmation qui contient aussi des films indépendants. Ce qui est un très bon résultat. Petit à petit, les mentalités évoluent et acceptent le numérique. Il faut dire que la post-production est de plus en plus souvent en digital, donc les productions prévoient le coût d’un master numérique en plus de masters en pellicule. Le mouvement est donc amorcé, même si cela reste un peu lent à notre goût… Un peu lent ? Le problème vient du fait qu’il n’y pas assez de salles équipées. En Europe, on compte environ 1200 salles équipées sur les 30.000. D’ici 2010, il devrait y en avoir prés de 2000. Le full numérique (et donc la disparition de copies 35mm sur une sortie type) ne devrait s’imposer en Europe que lorsque la barre des 5000 (environ) aura été atteinte. XDC est aujourd’hui associé à de grands festivals comme Cannes ou Locarno. Cela encourage le mouvement puisque nous produisons alors les masters numériques pour les films. Mais le problème vient aussi du fait que les distributeurs ne sont pas toujours bien informés et ce, malgré les congrès, colloques et conférences organisés autour du sujet. Ils connaissent mal ce support ? Disons qu’ils hésitent à investir dans la production d’un master numérique sans forcément prendre le temps de se renseigner sur l’existence d’un autre éventuel master. Il arrive qu’un master numérique ait été produit dans un pays, mais que les distributeurs d’un autre territoire n’en soient pas informés et produisent alors à leur tour une nouvelle version. Or, lorsque l’image a été numérisée, les coûts pour le son et les sous-titres sont beaucoup moins élevés. En tant que société paneuropéenne, nous essayons de faire le lien entre les acteurs des différents pays. Mais il est dommage que cette communication repose finalement sur les épaules d’une société comme la nôtre. Il n’y a pas vraiment de volonté politique de coordonner les diverses démarches. Ce sont alors les exploitants et les distributeurs (ces derniers assument le coût des différents masters) qui en pâtissent les premiers. Je crois sincèrement que les pouvoirs publics ont un rôle à jouer à ce niveau-là. Vous êtes partenaires de festivals, comme le Festival de Cannes, mais vous vous associez aussi à des festivals comme Locarno ou le FIFF à Namur. Qu’est-ce qui vous motive dans ces collaborations ? Il est clair que ces deux festivals sont moins glamours que Cannes. Mais Locarno est pour nous une porte d’accès vers le marché suisse, allemand et italien. C’est plutôt une position stratégique. Nous travaillons quand même sur une quarantaine de films durant le Festival. Pour le FIFF, la philosophie est un peu différente. Il est plus petit en taille, mais c’est un festival de qualité. De plus, c’est un événement issu de la même région. Sans compter qu’ils diffusent des films qui ont été réalisés avec des sociétés comme HoverlorD par exemple. C’est donc aussi l’occasion de soutenir la diffusion des productions de nos partenaires. Propos recueillis par VBdT |


En évoquant la publication de Michel Reilhac récemment, nous entendions que la Belgique manquait de salles de cinéma. D’après l’auteur de l’essai Plaidoyer pour l'avenir du cinéma d'auteur, notre pays ne dispose que d’une salle pour 21 000 habitants pour entre 8 et 17 000 habitants dans les autres pays européens. Nous avons tenu à prendre le pouls du côté de XDC en interviewant Fabrice Testa, directeur commercial au sein de la société d’équipement de salles en numérique.