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Tax Shelter: Investir dans la post-production est rentable! Print
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TWIST (réseau wallon des acteurs techniques de l'audiovisuel) réagit aux conclusions de l'étude menée par ScopeInvest et l'UCL.

Nous pouvions lire ce jeudi 6 mai dans le quotidien Le Soir1 les conclusions de Scope Invest au sujet d'une étude menée avec l'UCL à propos de la rentabilité du Tax Shelter pour l’État belge. Il y est en effet confirmé que chaque euro investi dans l'audiovisuel via ce mécanisme fiscal génère des rentrées nettes pour l’État, même supérieures à l'avantage fiscal consenti.

Cependant nous ne pouvons pas accepter de lire que le "Tax Shelter n'est réellement bénéficiaire pour le budget de l’État que lorsque les investissements génèrent du tournage en Belgique (...). Si les investissements sont massivement investis dans des prestations de services comme de la post-production, ça devient souvent un coût.", comme cela a été déclaré par Scope Invest dans l'édition du journal Le Soir de ce jeudi 6 mai. Ce discours se base sur le fait qu'un tournage ferait appel d'avantage à des prestataires salariés ou indépendants que les services de post-production, générant ainsi plus de charges salariales (et de rentrées pour l’État).

Hors tel n'est pas le cas. À la veille du Festival de Cannes, il nous semble utile de présenter un état des lieux de l'impact du Tax Shelter sur le développement de l'industrie cinématographique belge et sur ses effets structurants en terme d'emplois.

D'après une étude récente de l'UCL2, 280 millions d'euros ont été investis dans l'audiovisuel via le TS depuis sa création en 2003. Pour rappel, Le Tax Shelter (TS) est un incitant fiscal favorisant l'investissement  des entreprises belges dans la production d’œuvres audiovisuelles et cinématographiques agréées. L'entreprise qui investit dans la production bénéficie d'une exonération de ses bénéfices imposables à concurrence de 150% du montant de l'investissement versé (plus d'informations dans l'étude précitée).

Le mécanisme du TS implique que les montants investis doivent être dépensés à 90% en Belgique. La partie belge ne doit pas pour autant être majoritaire, un minimum de 10% du financement pour la coproduction belge minoritaire est suffisant ( ils peuvent apporter jusqu'à 50% du budget global des dépenses de l’œuvre). Cela explique que le TS est une source de financement importante pour le cinéma européen.

L'objectif du TS est de développer et de soutenir a production belge avec la volonté de créer des emplois et des infrastructures dans l'audiovisuel. Par ailleurs, toujours d'après cette étude, la société intermédiaire Migroup communique sur le fait que plus de 4000 emplois auraient été créés par le TS dans l'industrie technique.

studio-equipe_image3On regroupe sous l’appellation "post-production" tous les services d'après tournage (montage d'image, digitalisation, étalonnage, mixage, musique, effets spéciaux, etc.).

Contrairement aux tournages où la durée des prestations individuelles est liée à celle du tournage, les prestataires de service dans la post-production créent des emplois sur de longues durées. Pour les films d'animation, par exemple, d'après Anim.be3, le matériel ne représente que 10 à 15 % du coût global de la production, le reste étant investi dans la masse salariale4.

Fédérées au sein de TWIST, les sociétés de post-production ont souhaité réagir à cette affirmation.

Dame Blanche, société wallonne installée à Genval et à Bruxelles, occupe aujourd'hui 25 équivalents temps plein. Pour Etienne Dontaine, le TS est derrière le financement de nombreux projets sur lesquels Dame Blanche est amené à collaborer. "Nous travaillons à la fois sur des films majoritaires belges et sur des coproductions européennes. L'association du TS et des aides du fonds Wallimage a amplifié l'attrait pour la Wallonie des producteurs étrangers." Même discours du côté du Studio L'Equipe. "Alors que la crise a été ressentie sur tous le marché, grâce au TS, ce fut moins fulgurant pour notre secteur", explique Carole Godfroid. "Au Studio L'Equipe, nous employons 70 équivalents temps plein dont 50 sont directement concernés par le TS. Cet outil nous a permis de travailler sur le film Largo Winch II, une production très importante avec des retombées économiques non négligeables."

Côté effets spéciaux, Digital Graphics est parvenu à multiplier par trois son chiffre d'affaire depuis l'arrivée du Tax Shelter, ainsi que son nombre d'emplois. "Ce sont des emplois stables", explique Serge Umé. "Par ailleurs, les perspectives futures nous laissent penser que nous continuerons à engager encore du personnel. Nous travaillons sur des coproductions internationales renommées tant au niveau des effets spéciaux que sur des films d'animation5." Chez Victor Studio, "le TS est outil qui permet aux sociétés belges de concurrencer les grands studios d'effets spéciaux français, hollandais au anglais ", explique Stéphane Rigotti. "Nous avons ainsi pu réaliser les effets spéciaux sur Le Petit Nicolas, Cineman ou encore sur un film hollandais en 3D, Amphibious, et ainsi permettre de maintenir l'emploi au sein de l'entreprise".

nWave, premier studio d'animation européen à sortir des films en 3D relief, n'aurait pas pu prendre l'envol qu'on lui connait sans le TS. "Nous sortons un film par an, ce qui représente une centaine d'emplois à Bruxelles", enchaîne Ben Stassen.

Parallèlement aux sociétés de prestations de services, le Pôle Image à Liège et Go West invest dans le Brabant Wallon et le Hainaut sont deux intermédiaires Tax Shelter qui proposent aux producteurs de les aider à financer une large part des dépenses effectuées auprès des prestataires de services membres de leur structures. "Notre initiative est axée sur les critères suivants: caractère structurant des dépenses et respect de la balance fiscale globale" commence Cédric Iland du Pôle Image. "Nous avons nous-mêmes constaté que la post-production était ce qu'il y a de plus structurant. Notre règlement prévoit des interventions avec un plafond plus ou moins important en fonction du type de dépenses, un règlement qui fait la part belle aux prestataires dans la post-production, alors qu'il y a des loueurs de matériel au sein du Pôle Image." Et le responsable du département Tax Shelter d'ajouter qu'en soutenant le film L'autre monde de Gilles Marchand (en sélection officielle à Cannes cette année), la société liégeoise a permis l'engagement de plus de 20 équivalents temps plein pendant un an chez WFX.

Idem du côté de Go West Invest, "il y a de temps à autre des dérives dans le TS, lorsque les productions internationales viennent uniquement acheter de la pellicule ou des assurances, mais c’est rare" nous déclare Léon Perahia. "Mais ces dérives ne peuvent pas être associées à l'industrie technique. Go West Invest rassemble des prestataires notamment pour le son, l'animation et les effets spéciaux. Sa vocation n'est pas de chercher la rentabilité à tout prix, mais de pérenniser le secteur. Tous ces prestataires génèrent également un volume emploi non négligeable et surtout pérenne. Grâce au TS, DreamWall participera prochainement à un long métrage d'animation en 3D relief, projet où la joint-venture entre la RTBF et les Editions Dupuis sera rejointe par Victor Studio pour les effets spéciaux et Dame Blanche pour l'aspect 'son'."

Par ailleurs, Go West Invest et le Pôle Image sont les deux seules structures de Tax Shelter qui sont soutenues par des invests publics. La présence de ces derniers démontre la volonté des partenaires publics de structurer le secteur parce qu'il est créateur d'emplois.

TWIST a pris contact avec Scope Invest afin de pouvoir analyser cette étude réalisée avec l'UCL. Selon Scope Invest, cette étude ne sera disponible que d'ici quelques semaines.

Nous n'allons pas nous appesantir sur cette étude. Mais si le Tax Shelter devient un coût quand "les investissements sont massivement investis dans des prestations de services comme de la post-production", comment expliquer que des partenaires publics s'engagent dans des structures comme Go West Invest et le Pôle Image de Liège qui soutiennent essentiellement des prestataires en post-production?

Par ailleurs, l'industrie liée à la post-production est une industrie structurante et qui se construit sur du long terme. Il nous paraît peu pertinent de comparer les emplois liés aux métiers de la post-production et ceux rencontrés sur des tournages où ils sont plus ponctuels et de plus courte durée.

Ce n'est pas un hasard si, en 2010, Digital Graphics était nominé aux Oscars pour Brendan et le Secret de Kells, aux côtés de Pixar et de Dreamwork. Il s'agit d'un travail de longues haleine qui aujourd'hui porte ses fruits.

Le Tax Shelter doit continuer à soutenir l'industrie cinématographique, ce compris le secteur de la post-production.

Le Festival de Cannes est une véritable vitrine du savoir-faire de nos industries techniques au niveau international. TWIST, Wallimage, Wallonie Tournage sont présents côte à côte sur la croisette sur le pavillon Cinema Made in Wallonia pour continuer à défendre l'industrie cinématographique dans son ensemble. Quelques jours avant cet événement, il nous semble plus opportun de mettre en avant nos talents techniques qui nous rapportent des prix et du prestige plutôt que au lieu de les épingler!

 

Plus d'infos: http://www.twist-cluster.com/post-production

 



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