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Bilan d’un premier triennat Print
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Interview de Pierre H. Rion.

 

Cette fin d’année est également synonyme de fin de triennat pour le cluster. L’occasion pour nous de faire le bilan avec celui qui a été le président de TWIST pendant ces trois premières années, Pierre H. Rion.

pierre-rionQuel regard portez-vous sur l’évolution depuis sa création ?

L’évolution est je crois indéniable. Au moment de sa création, le défi était important puisqu’il s’agissait de réunir des acteurs plutôt hétérogènes venant à la fois du son, de l’image et du texte et dont la seule composante commune était d’utiliser des technologies numériques. Par ailleurs, j’étais alors plutôt issu du monde du « texte », très éloigné du monde du cinéma et du broadcast. Le texte est d'ailleurs un peu le parent pauvre de TWIST. Cependant, cela m’a sans doute conféré une place au dessus de la mêlée.

Outre ce problème de convergence, je suis arrivé à la tête du conseil d’administration à un moment  un peu particulier. L’animateur pressenti venait de décliner la proposition qui lui avait été faite. J’étais ainsi Président d’un cluster sans animateur. Il a donc fallu mettre l’équipe en place. Michel Colinet a été le premier animateur. Il a organisé les premières réunions des membres. Rapidement l’équipe s’est étoffée et d’autres actions ont pu voir le jour.  La dimension de ‘projets’ était encore absente, mais ce manque a été comblé lorsque Pierre Collin a repris le poste d’animateur en juin 2009.

Aujourd’hui, TWIST fait semble-t-il figure d’exemple parmi les clusters et est reconnu par le secteur et nos autorités de tutelle. Outre les nombreux partenariats, contacts et collaborations (avec Wallimage, WBImage, ARRF, UPFF, etc.) qui en attestent, les membres eux-mêmes n’hésitent pas à déclarer que le cluster a eu un impact sur leur chiffre d’affaire (plus de 70% d’après l’enquête de la société Comase). De même, près de 90% d’entre eux (toujours l’enquête de la société Comase) se disent satisfaits, voir très satisfaits d’appartenir au réseau TWIST.

 

Comment avez-vous vécu votre présidence pendant ces trois années ?

Ce fût avant tout une magnifique expérience humaine. Présider un cluster qui rassemble essentiellement des TPEs a été l’occasion pour moi de me replonger dans la réalité de ces entités où le patron doit parfois être à la fois comptable, développeur, commercial, etc. Il est arrivé à de nombreuses occasions que des membres viennent me confier leurs difficultés.

Lors de la crise, l’année dernière, nous avons hélas perdu quelques membres qui ont dû déposer les armes. Nous avons alors tenté via un réseau de contact d’épauler ces entreprises en difficulté et de les accompagner. Aujourd’hui, de vrais liens se sont tissés.

TWIST n’est peut-être pas encore devenu un label, mais en tout cas, il constitue un réseau vivant et reliant les membres entre eux, un peu comme les membres d’une famille.

 

Avez-vous vécu des moments de doute ?

De doute, pas vraiment. J’ai eu quelques craintes, notamment au niveau de la sous-régionalisation. Il y a bien eu quelques levées de bouclier, mais dans l’ensemble, TWIST y a échappé. Aujourd’hui, nous pouvons affirmer que nous représentons tout le secteur wallon puisque nous avons des entreprises autant à Liège que dans le Hainaut ou encore le Brabant Wallon.

 

Selon vous, quelles sont les pistes que le cluster doit poursuivre ?

TWIST doit continuer à entretenir les liens qui se sont tissés entre ses membres avec les soirées de Networking et le site internet. Mais il doit surtout s’investir dans des projets qui rassemblent les différentes briques technologiques existantes dans le cluster. L’objectif serait de pouvoir réunir les membres afin qu’ils répondent ensemble à des appels d’offres nationaux ou européens.

De même, la recherche doit aussi être un moteur de collaboration. Des choses ont déjà été mises en place en terme de partenariats entre centre de recherche, universités et entreprises. Le tout aujourd’hui est de poursuivre dans cette voie avec des thématiques innovantes.

Il est difficile encore aujourd’hui de mettre en place des services payants pour des TPE qui ont des moyens souvent limités. La revue de presse qui sera lancée dés la rentrée prochaine aura certes un coût mais il sera moindre de sorte que ce service reste accessible à toutes les sociétés.  

Je laisserai évidement à mon successeur le soin de suivre tout ça de près.

 

Vous n’êtes pas candidat à votre propre succession…

Non. La raison est la suivante : je suis un ardent défenseur des principes de bonne gouvernance.  J’ai d’ailleurs contribué il y a 10 ans à la rédaction d’un mémorandum sur le sujet pour la Fédération des Entreprises de Belgique.  Nous avions notamment insisté sur l’importance de l’alternance du pouvoir. Il est non seulement sain de passer la main, mais c’est également essentiel.

Cependant, je resterai fidèle à mon engagement en restant présent au sein du bureau exécutif (si le conseil d’administration n’y voit pas d’objection) et j’épaulerai le nouveau président, qui qu’il soit, dès le mois de septembre.  J’attends de lui qu’il fasse de même avec le président suivant…

 

Question subsidiaire : vous quittez la présidence de TWIST, mais vous vous engagez pour une autre présidence et non des moindres….

J’ai en effet été désigné comme Président du Conseil d’Administration de EVS Broadcast. Je n’ai pas vraiment de mérite : Michel Delloye avait décidé de prendre un peu de recul, il est de bonne gouvernance que le président soit un administrateur indépendant et il se trouve que je suis le plus ancien d’entre eux.  Je suppose que mon parcours chez IRIS donne confiance à mes collègues du conseil dont je suis déjà membre depuis 6 ans. Ce rôle ne m’implique évidemment pas dans la gestion journalière directement.

Cela dit, je suis très fier d’avoir été nommé à ce poste dans une entreprise aussi florissante que EVS. Puisse ce modèle de réussite encourager nos membres à aller de l’avant !

 

Propos recueillis par VBdT