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Un Bruxellimage chapeauté par Wallimage ? Print
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Ce jeudi 13 novembre, une matinée de réflexion a été consacrée à l’avenir de l’industrie du cinéma à Bruxelles au Parlement Bruxellois. Marion Lemesre, députée MR et auteur de la proposition d’ordonnance « Bruxellimage » relative à l’encouragement, au développement et au financement de l’industrie audiovisuelle en région de Bruxelles-Capitale, a réuni les professionnels du secteur pour entendre leur points de vue et opinions sur la manière de mettre en place cet outils et les mécanismes pour structurer et financer une politique de coordination, de soutien et d’investissement dans le secteur de l’industrie audiovisuelle.

Compte-rendu du débat

 

Cette rencontre a notamment été motivée par un appel des techniciens bruxellois. Ceux-ci ressentent une discrimination par rapport à leurs confrères wallons qui bénéficient des aides de Wallimage. Il est vrai que le succès du fonds économique mis en place en Région Wallonne connaît un succès florissant, puisqu’il peut se vanter de faire bénéficier à la région des retombées économiques à hauteur de 300 % par rapport à l’investissement de départ. En d’autres termes, Wallimage rapporte autant à la Région que ce qu’il lui coûte. "On peut parler d’une opération budgétairement neutre sur un plan macroéconomique", explique Philippe Reynaert, directeur de Wallimage. Par ailleurs, le fonds wallon vient de voir augmenter son budget qui passe ainsi de 3,5 millions d’€ à 4 millions d’€.

 

Aujourd’hui, le règlement de Wallimage spécifie que les 100% de l’aide accordée doivent être dépensés sur le sol wallon. Une réglementation a pour conséquence que les sociétés et techniciens bruxellois ne sont pas éligibles dans le cadre de ces aides. "Un réalisateur m’a déjà affirmé qu’il ne pouvait travailler avec moi parce qu’étant bruxellois, je n’étais pas éligible", explique Jean-Jacques Quinet du Studio 5/5.

 

Pour "cohabiter" avec ce redéploiement économique que connaissent les sociétés et professionnels wallons, un fonds bruxellois d’un montant de 1 million d’€ devrait voir le jour (actuellement, ce montant serait imputé à la Société Régionale d'Investissement de Bruxelles). Mais de nombreuses questions restent en suspens quant aux modalités.

 

"Lorsque nous nous sommes posés la question de la création d’un fonds il y a quelques années avec Luc Dardenne et Daniel Ducarme, nous avions estimé qu’il nous faudrait un montant minimum de l’équivalent de 5 millions d’€", raconte Patrick Quinet de Union des Producteurs de Films Francophones. Autrement dit, il semble clair que le montant est trop peu élevé et risque d’être éparpillé s’il n’est pas associé à un mécanisme existant. D’autant plus que la demande du secteur est de voir cette somme entièrement investie dans des aides à la production plutôt que perdue dans des frais de fonctionnement. "Associé à un fonds tel que Wallimage, le potentiel de ce fonds sera d’autant plus intéressant, puisqu’il donnera accès à une manne financière plus large", insiste Denis Delcampe de Need Production.

 

Du côté de Wallimage, si Philippe Reynaert se réjouit du redéploiement qu’a connu la Wallonie grâce à cette structure, il insiste sur l’absence de volonté de nuire aux autres régions. "Depuis la création de Wallimage, je suis favorable à la création d’un Bruxellimage. Cela dit, aucune demande officielle quant à une collaboration n’a été transmise à notre Conseil d’Administration à l’heure actuelle." Et le directeur de Wallimage d’ajouter que la société wallonne n’est "demandeuse de rien".

 

Parallèlement à la demande du secteur quant à l’association de ces fonds wallons et bruxellois, la multiplicité des guichets semble néanmoins être appréciée. "Cette multiplicité constitue une forme de garantie quant à la diversité culturelle", reprend Luc Jabon, président de la Fédération des professionnels de la création et de la production audiovisuelle (Pro Spere)."La Commission de sélection (de la Communauté française) fixe a ses propres critères d’éligibilité qui différent de ceux des autres instances. Un projet y est défini comme majoritaire ou non suivent une logique culturelle et non pas économique."  La Belgique bénéficie, il est vrai, de divers mécanismes d’aides accordées par  Wallimage, la Communauté française (Commission de sélection des films), le VAF,  l'Etat fédéral (Tax Shelter) et l'Union européenne (Plan Média). "A ces aides," continue Monique Licht, productrice et Conseillère de PROMIMAGE, "s’ajoute encore le programme PROMIMAGE dont l’objectif est de promouvoir les technologies de l’image et du son. Ce programme a dont une ligne qui lui est spécifique. Tous ces mécanismes doivent jouer la carte de la complémentarité et non pas se poser en tant que concurrents."

 

Autre point mis encore en exergue par les professionnels présents : l’opportunité de choisir les différents opérateurs sur un projet en fonction de leurs compétences (ou affinités diverses) et non pas de leur domicile. « Il est vrai que ce type de pression existe également au niveau international, mais nous souhaiterions pouvoir trouver un espace d’entente à l’échelle communautaire », conclut André Buytaers de ARRF (Association des Réalisateurs et Réalisatrices de Films).

 

En dressant quelques conclusions, Françoise Bertiaux, Présidente du Groupe MR à la Communauté française, est revenue sur différents points en insistant sur l’important de prendre en compte à la fois les aspects économiques, mais aussi culturels lors de l’établissement des modalités quant à l’attribution de ce fonds. Même si les questions à soulever sont nombreuses, tous semblent unanimes sur un point : ce fonds doit avant tout avoir des "effets structurants" pour le secteur.
 

A noter encore que, actuellement, il n’y a pas de garantie quant à la pérennisation de ce fonds bruxellois.

 

 

 
 



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