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Digital Graphics: Des effets spéciaux à l’animation

logo digital graphicsL’un a une formation d’ingénieur civil en aérospatial, l’autre, une formation d’architecte. L’un supervise les effets spéciaux, l’autre, l’animation. Quand le premier s’attarde dans le développement de logiciel et l’autre le suit dans la gestion de l’équipe. Au fur et à mesure des années, Marc et Serge Umé ont mis leur savoir-faire au service de nombreux courts-métrages, mais aussi de productions comme Brendan et le secret de Kells, Où est la main de l’homme sans tête ou encore Home.
Quelques semaines après la diffusion du documentaire sur la Première Guerre Mondiale, 14-18 : Le bruit et la fureur, et la mise en ligne de leur nouveau site internet, nous avons rencontré Digital Graphics pour faire le point sur leurs projets.


 

Installé prés de la Cité Ardente, Digital Graphics est actif aujourd’hui dans l’animation mais aussi dans les effets spéciaux. Les cycles de productions ont des délais extrêmement différents, puisque le montage d’une production en animation peut prendre plusieurs années, tandis que la société peut être appelée quelques jours avant de commencer un travail sur un film avec des effets spéciaux. "Même si les techniques diffèrent, elles se nourrissent mutuellement", explique Marc Umé. Home - le garçon sur l'autoroute"Par exemple, notre logiciel de colorisation a été utilisé pour le film Home d’Ursula Meier où il fallu faire des incrustations alors que tout a été tourné en décor naturel. Nous y avons détouré les personnages, puis foncé ce qui les entourent, ce qui a permis, par exemple, au jeune garçon de l’histoire de traverser l’autoroute avec un passage de voitures denses en toute sécurité, puisque les véhicules et le personnage ont été filmés indépendamment."


"Nous essayons de ne pas limiter notre approche à la technique", enchaine Serge Umé. "Il est important pour nous d’avoir un contact direct avec la réalisation. Cette discussion nous permet d’étudier la faisabilité des attentes du réalisateur et, ensuite, envisager comment s’y prendre avec le chef opérateur et le chef décoration. Même si nous faisons les effets spéciaux, nous tendons à privilégier les décors naturels." Et il est vrai que si la 3D et les effets spéciaux permettent de nombreuses possibilités, tout n’est pas toujours possible. "Nous tendons à intervenir au plus tôt dans la préparation pour anticiper tous les problèmes, même si il y a parfois des réponses qui doivent être apportées au moment du tournage : est-ce qu’on peut "gommer" un des éléments du décor ou faut-il le retirer? Peut-on recréer le véhicule ou l’accessoire nécessaire ou faut-il faire l’action avec l’objet réel? Etc. Autre exemple, déplacer légèrement une caméra peut nous permettre de gagner beaucoup de temps si, par exemple, nous devons arranger un décor. C’est pour cela, qu’aujourd’hui, nous sommes très présents sur les tournages pour accompagner les prises de vue et assurer la faisabilité des effets spéciaux au moment de la postproduction." Et Marc Umé de préciser que cette présence permet également la récolte d’informations sur l’optique utilisée, l’emplacement des décors, les mouvements de caméra, etc.

L’équipe fluctue au gré des productions. "Nous étions presque 40 au moment de la production 14-18 : Le bruit et la fureur." Il faut dire que de manière générale, Digital Graphics tend à former son personnel même si "cela prend parfois deux ans avant qu’un opérateur soit autonome. Nous sommes avant tout à la recherche de gens qui ont une sensibilité à l’image. La maitrise des outils peut toujours venir ensuite. Certains animateurs étaient incapables d’utiliser un logiciel avant d’arriver chez nous. De plus, les outils peuvent toujours être adaptés..." Il est vrai que le logiciel développé par Marc Umé est réarrangé pour chacune des productions. "Pour Brendan et le secret de Kells, nous avons cherché à automatiser la colorisation tout en créant une atmosphère qui correspondait aux attentes de la réalisation."

La notion de gestion du personnel et de l’automatisation du travail est finalement extrêmement présente dans le quotidien des deux hommes-orchestres. "Pour des raisons de coûts, la colorisation est souvent délocalisées en Asie. En développant des logiciels qui permettent le  travail presque "industriel" avec une répartition optimale  travail, nous parvenons à être compétitifs. Cela dit, nous sommes généralement d’abord choisis pour la qualité des prestations de Digital Graphics."

Deux projets importants : 14-18 : Le bruit et la fureur

Le bruit et la fureurLa production française du documentaire 14-18 : Le bruit et la fureur cherchait à faire restaurer des images d’archives et à les coloriser. Leur partenaire belge, Iota Production, dont les bureaux à Liège se trouvent également dans l’ancienne ferme qui accueille les locaux de Digital Graphics, leur a parlé de Digital Graphics. "C’est un projet qui rassemblait une multitude de problèmes techniques à résoudre. Les images provenaient tantôt de France ou d’Angleterre, tantôt des Etats-Unis. Certaines étaient en très mauvais états. Il fallait parfois régler l’équilibre de la luminosité sur toute l’image ou les stabiliser. Certains plans étaient mêmes à 16 images par seconde… Et il y avait près de 160 000 images à restaurer et plus de 100 000 à coloriser." Les frères Umé ont dans un premier temps réalisé des tests de façon artisanale avant de se rendre compte que cette méthode était inapplicable pour un film de 100 minutes. Ils ont alors adapté leur logiciel pour automatiser le travail. Mais s’ils sont ainsi parvenus à être moins chers que leurs concurrents, les producteurs ont avant tout été séduits par la qualité de leur résultat. "Nous avons commencé le projet en étant une dizaine. Mais nous avons dû engager près d’une trentaine de collaborateurs supplémentaires pour pouvoir finir le projet dans les deux mois qui nous étaient impartis. Certains prenaient en charge la restauration, d’autres la pré-colorisation. Quelques uns assuraient la cohérence historique (par exemple : couleur des uniformes) et artistique. Sous la supervision de personnes désignées, plusieurs colorisaient alors les images."
Le résultat a ainsi été diffusé en prime time sur France 2 le soir du 11 novembre avec de bons résultats d’audience et, quelques jours plus tôt, sur la RTBF.


… et Brendan et le secret de kells.

Brendan et le secret de kellsSi Digital Graphics avait déjà réalisé des courts métrages, notamment avec Arnaud Demuynck (La Boite, … Productions), Brendan et le secret de kells est leur premier long. A nouveau, Iota Production a joué les intermédiaires auprès de ViviFilm, société de production qui a également été séduite par le travail des frères Umé. Le projet a été déposé il y a 4 ans. Les premiers essais ont été réalisés en 2006 et la production a réellement démarré en janvier 2007 pour se terminer en avril 2008. Une quinzaine de personne ont travaillé à temps tout au long pour faire vivre ce projet. "C’était très différents des effets spéciaux, puisqu’il fallait tout créer."
Le film devrait sortir en février 2009.

Parmi les projets en courts :

 

  • Oscar et la dame en rose de Eric-Emmanuel Schmitt. (Production Pan Européenne (France) - Oscar Films (Belgique) - Climax Films (Belgique))

Prestation :
Compositing
Effets spéciaux
Matte painting

  • Carré blanc de Jean-Baptiste Leonetti. (Production: Tarantula (Belgique et France) - Solaire (France))

Prestation :
Compositing
Effets spéciaux

  • Sans Rancune de Yves Hanchar (Production : To Do Today Productions (Belgique) - Mact Productions (France) - Frakas Productions (Belgique))

Prestation :
Compositing
Animation 3D
Matte painting

  • Mr Nobody de Jaco Van Dormael (Production: Climax Films (Belgique) - Pan Européenne (France) - Largo Film (USA) - Integral Film (Allemagne))

Prestation :
Compositing

  • Waves de Maria Ripoll (Production: Banana Films (Belgique))

Prestation :
Compositing
Animation 3D
Matte painting

Plusieurs longs métrages d'animation sont également en préparation.

 

VBdT

 



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