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Le studio Les Dames soufflera ses 20 bougies le jour du printemps. A cette occasion, nous avons rencontré Etienne Dontaine pour faire le point sur cette société au management peu commun.
Les Dames fête ses vingt ans. Vous imaginiez un tel succès ?
Etienne Dontaine: Pas du tout. Je ne sais pas si on peut d’ailleurs proprement parler de succès. A l’époque nous ne savions pas où en serait la société aujourd’hui, tout comme nous ne savons pas où elle en sera dans vingt ans.
Comment s’est créée la société ?
ED: A la base, nous sommes trois associés : Pierre Gillet, Philippe Van Leer, et moi-même. La société a officiellement vingt ans mais elle existait préalablement. Lors de notre dernière année d’étude à l’IAD, nous avons créé un groupe de musique, Glacier Georges, qui nous a structurés. Nous avons eu un succès « d’estime », ce qui nous a permis d’acquérir un minimum de crédibilité. Cela nous a aidés à avoir les premiers contrats en musique. Actuellement, nous faisons tous les trois des choses différentes mais nous nous complétons. Et surtout nous sommes des associés actifs et non une boîte « financière ».
Y a-t-il eu des évènements-clés qui ont fait le succès des Dames ?
ED: Comme pour tout le monde, le succès est venu progressivement. Pour le bruitage, nous avons commencé suite à un désistement, France 2 avait besoin de bruitages pour un soap. Nous avons fait le travail pour le premier épisode et s’en sont suivi plus de cent épisodes. La vocation de Philippe Van Leer pour ce métier s’en est suivi. Parallèlement, en musique, la société de production ODEC-Kid Cartoons nous a sollicités pour le dessin animé Cococinel, qui a eu un certain succès. Comme toujours, il faut avoir fait pour montrer nos compétences. Après une première série, c’est plus facile d’en avoir une deuxième.
Pourquoi avoir fait des filiales comme Agent Double et Genval-les-Dames ?
ED: Il y a tout simplement une évolution historique. Pour Agent Double, il y a eu un développement du secteur du doublage et nous voulions gérer séparément cette activité faisant appel à des auteurs, des comédiens, des directeurs d’acteurs et demandant une véritable gestion de production. En ce qui concerne Genval-Les-Dames, le site de Bruxelles était devenu trop petit, nous cherchions un endroit pour développer nos activités. L’existence du fonds Wallimage, augmenté de la proximité de domicile, a déterminé notre localisation en région wallonne, à Genval.
Comment vous placez-vous par rapport à un opérateur de la taille du Studio L’Equipe ?
ED: Je ne vois pas le Studio l’Equipe comme un concurrent. Nous sommes une alternative et souvent complémentaire. Les deux sociétés présentent des cartes différentes. Les Dames présente une grande maîtrise individuelle : un bruiteur, un musicien, un mixeur film, et une équipe de gestion de production.

Mathieu Cox, est arrivé en 2008, pourquoi quelqu’un de plus jeune pour intégrer l’équipe ?
ED: Mathieu Cox est un nouvel associé. Pourquoi l’avoir choisi ? Il est ingénieur du son, et mixeur. Il est en phase avec les technologies actuelles et complète l’équipe dans sa maîtrise du mixage fiction. Il est plus jeune que nous, certes. Ce n’est pas ce qui a été déterminant dans son intégration, mais c’est un point positif pour la continuité de l’entreprise.
Comment s’organise le management entre les quatre associés ?
ED: Disons que je suis la face visible de l’administration, mais toutes les décisions sont prises en commun, entre les associés.
Vous avez l’intention ouvrir une filiale en France. C’est une étape importante…
ED: Effectivement, nous envisageons cela. La filiale se trouverait à Paris ou dans le Nord-Pas-de-Calais. On y développerait le doublage et la postsynchronisation. Mais avec la crise actuelle, ce projet est ralenti, nous devons rester prudents.
Y a-t-il d’autres projets prévus ?
ED: Le site de Genval-les-Dames va accueillir un troisième studio destiné au prémixage cinéma et au mixage de téléfilms, nous avons également l’intention d’être labellisé Dolby dans les prochains mois. Nous développons une cohérence avec la société Hoverlord afin de proposer une solution coordonnée de nos métiers respectifs et complémentaires. Propos recueillis par Allyn-Ann Biseau
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