| Digital Graphics: De la haute couture pour l'animation et les VFX |
| Mercredi, 14 Avril 2010 12:46 |
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"The Flying Machine de Martin Clapp est un film qui se fait à la fois d'animation et de prises de vue réelles", commence Marc Umé. Une belle entrée en matière en effet puisque Digital Graphics y réalisera les effets spéciaux en 3D. Et quand on leur demande sur quels effets travailleront-ils, la réponse vient en toute modestie: "Des trucs habituels". Du Matte Painting, de la modélisation et... des nuages, le tout en 3D relief! Au fils des productions, Marc et Serge Umé ont développé leurs propres outils, créant pour chaque film du 'sur mesure'. Depuis le premier court métrage en animation, Square Couine, sorti en 2001, le logiciel SoftAnim a été adapté, proposant ainsi des solutions toujours plus poussés et plus efficace pour répondre aux envies et besoins des réalisateurs. "Arnaud Demuynck (Digit Anima, La Boîte,...) est venu chez nous pour une série de courts métrages qui avaient chacun des exigences artistiques pointues et diverses", enchaîne Serge Umé. "Nous avons toujours essayé de mettre l'outil au service des attentes plutôt que de demander de compromis artistiques en vue d'une réduction de coût ou autres problématiques logistiques." Pour Fragonard (produit par Tarantula), Digital Graphics a d'ailleurs développé un scanner 3D pour capturer les 'Ecorchés' de Honoré Fragonard, médecin anatomiste du Siècle des Lumières, un nouvel outil qui pourrait se révéler très utile pour des prochaines productions. "Pour Où est la main de l'homme sans tête, nous avions pris une série de clichés du visage de Cécile de France pour le recomposer en 3D et l'incruster dans le scène du plongeon. Avec ce scanner, nous pourrons désormais aller beaucoup plus vite pour remplacer un visage par un autre."
Autre défi et non des moindres, la colorisation de Ernest et Célestine. Le film, inspiré de la série d'album de Gabriel Vincent, doit être conforme à l'univers graphique présent dans la série qui est illustrée... en aquarelle. "Nous avons adapté encore une fois SoftAnim pour que le logiciel puisse permettre le rendu 'aquarelle'. Benjamin Renner, co-réalisateur (avec Stéphane Aubier et Vincent Patar) est enchanté par les premiers résultats." Et Serge Umé d'ajouter que l'émotion dans l'animation ne trouvera pas seulement sa voie dans le réalisme (ou l'hyper réalisme), mais aussi dans les univers stylisés qui ont une identité propre. "Pour le film Le Jour des Corneilles de Jean-Christophe Dessaint, le décor est extrêmement léché. Nous avons envie de permettre au réalisateur d'avoir des personnages qui ont plus qu'une simple colorisation et qui sont plus en adéquation avec leur environnement graphique." Toujours dans les projets à épingler, il y a The Song Of The Sea, le prochain long métrage de Tomm Moore avec qui nous avons des contacts très réguliers. Enfin, la société liégeoise sera également sur un film finlandais, Tiger Heart, l'histoire d'un petit garçon à l'imagination débordante, une fiction pour laquelle Digital Graphics réalisera les effets spéciaux. La matière grise ne manque pas au sein de l'entreprise familiale, mais les frères Umé n'hésitent non plus à s'ouvrir à d'autres quand les opportunités se présentent. "Nous avons travaillé avec un développeur belge de l'entreprise néo-zélandaise Refractive SoftWare. Ils ont créé un logiciel de rendu qui utilise des cartes graphiques GPU, des cartes beaucoup plus rapides que les cartes traditionnelles (utilisées notamment pour les jeux vidéos, plus d'infos). Ce logiciel, Octane Render, permet un rendu hyper réaliste parfois en quelques secondes de calcul. Nous sommes betatester et consultants sur ce produit." Cette technologie GPU est d'ailleurs en cours dintégration dans leur logiciel SoftAnim. "L'objectif à terme est d'avoir une suite complète avec tous les modules tant pour l'animation que pour les effets spéciaux." Aujourd'hui, les projets sont de plus en plus nombreux à arriver et les frères Umé s'offrent le luxe de mieux choisir les projets. Il faut dire que l'équipe de 10 permanents (+ 5/6 freelances à temps plein) devrait s'étoffer prochainement d'une quinzaine autres collaborateurs avec les productions qui arrivent dans les prochaines semaines. Autre projet pour les frères: The Big Farm. "C'est une société de production qui réunit également Isabelle Truc (Iota) et Stéphane Roelandts (studio 352/ mélusine production). L'idée est de produire des projets 'coup de coeur'." Pas question donc de concurrencer les autres sociétés de production. The Big Farm sera surtout un outil pour mettre en œuvre des projets qu'ils veulent défendre.
Propos recueillis par Virginie Breuls |


Brendan et le Secret de Kells a été nominé aux Oscars et le passage de ce film d'animation chez Digital Graphics n'est certainement pas étranger à cette prestigieuse sélection. La société liégeoise compte aujourd'hui parmi les prestataires européens les plus demandés tant au niveau de l'animation que des effets spéciaux. Petit tour des actualités de cette entreprise familiale qui n'hésite pas aujourd'hui à se lancer dans le 3D stéréoscopique avec des solutions inventives et innovantes.
L'entreprise n'hésite pas d'ailleurs à relever des défis et se lancer des voix encore inexplorées. Pour Little Big Panda, long métrage d'animation, Serge Umé a proposé à la production d'ajouter la troisième dimension au film alors que celui est animé en 2D. "Nous passerons du 2D en 3D stéréoscopique, sans passer par la 3D CGI", explique Marc Umé en souriant. "Comme nous réaliserons également le compositing, nous pouvons proposer l'ajout de la 3D pour un coût raisonnable. Or l'argument de la 3D est aujourd'hui devenu un critère de vente non négligeable. En passant à la stéréoscopie, le producteur pourra diffuser son film plus facilement au niveau international," termine Serge Umé.