| SONUMA: Attribution des permiers marchés! |
| Mardi, 14 Septembre 2010 14:59 |
|
Initialement la RTBF avait dans son contrat de gestion l’obligation de numériser ses archives. Un budget de 250.000 € par an lui serait alloué à cette fin. En 2008, l’institution a ainsi établi un business plan prévisionnel, un plan qui n’a pas laissé de place au doute quant à l’impossibilité de mener cette tâche dans les conditions prédéfinies : pour numériser les 60.000 heures de télévision et les 60.000 de radios, le coût était estimé à 20 millions d’euros. La chaine de radio et télévision publique dépend de la Communauté française de Belgique. Cette dernière n’ayant pas dans ses compétences l’économie, la RTBF s’est alors tournée vers le ministre de la Région wallonne Jean-Claude Marcourt pour tenter de démêler la situation. Un modèle économique a été imaginé : une société anonyme dont 100% des capitaux proviendraient de fonds publics. La Région Wallonne apportera 20 millions d’euros, la Communauté française, 4 millions et la RTBF, l’équivalent de 16 millions d’euros, un montant qui correspond à l’estimation de la valeur de l’ensemble des archives radios et télévisuelles. C’est ainsi que la SONUMA a vu le jour le 8 janvier 2009. (Voir article en ligne)
Cette opération émane d’un souci de préservation du patrimoine, mais pas seulement. Il s’agissait également de développer une activité économique en Région Wallonne autour de cette entreprise en suscitant également des vocations. La jeune SA s’est ainsi installée à Liège, rejoignant le mouvement mis en route avec le Pôle Image de Liège et, plus globalement, avec le réseau de TWIST. "Le coût de ce chantier est aujourd’hui trop important pour rendre l’entreprise rentable à court terme", explique Jean-Louis Rollé. "Toutefois, quand le fond sera mis en place, nous espérons atteindre un certain équilibre et, pourquoi pas alors, attirer des fonds privés. Notre volonté est en tout cas d’augmenter notre chiffre d’affaire afin de maintenir une dynamique certaine et consolider le modèle." Et l’administrateur délégué de la SONUMA de préciser que des accords de collaboration seront envisageables à plusieurs niveaux avec d’autres entités. "Nous sommes en train d’acquérir des compétences essentielles en terme de méthodologie, qu’il s’agisse d’uniformisation, de traitement, de gestion, de mise à disposition ou de stockage de données. Les possibilités d’échanges commerciaux sont multiples. Nous espérons faire évoluer le modèle économique d’ici 3 à 5 ans afin de devenir viables à terme sur le plan économique."
De la sous-traitance, via des marchés publics
Pour mener à bien cette tâche, deux voies étaient possibles. Soit les archives étaient numérisées en interne. Dans ce cas, la SONUMA devait investir dans du matériel et former du personnel à cet effet. Soit établir la méthodologie et sous-traiter la numérisation. C’est la seconde solution qui a été choisie et validée à la fois par le conseil d’administration de la RTBF et par le gouvernement wallon. Fin 2009, l’équipe opérationnelle a été mise en place. Elle compte ainsi 12,8 équivalents temps plein. Il a ensuite fallu déterminer les modes opératoires. Des appels d’offre ont été lancés, comprenant chacun une tâche prédéfinie. "Aujourd’hui, nous sommes à 6 appels d’offre, le septième sera lancé en novembre", explique encore Jean-Louis Rollé avant de détailler chacun d’entre eux.
Les deux premiers comprenaient la digitalisation des VHS et des Betacams. Le premier (VHS) a été remporté par Memnon et le second par le consortium formé par la même société et WFX. "Ces deux dossiers nous ont paru très nettement au dessus des autres, qualitativement parlant", raconte Stéphane Bayot qui a participé à l’écriture du cahier de charge et à l’analyse des dossiers. "Il faut dire que ces marchés n’ont pas manqué de publicité. Nous nous étions fixé des critères objectifs afin de mener l’évaluation de tous les candidats de façon transparente et en essayant d’éviter au maximum les éventuelles contestations. Le prix était bien entendu l’un des critères, mais il n’était pas le plus déterminant. A la lecture des dossiers déposés par Memnon et Memnon/WFX, nous avons véritablement senti l’expérience de terrain, le bagage technique utile et nécessaire, et la compétence des membres des équipes, à la fois dans leur description du mode opératoire, mais aussi dans la validation des processus."
Le troisième marché concernait le Digital Asset Management qui constitue véritablement le cœur du fonctionnement en terme logiciel. Le marché a été remporté par la société française NETIA. Le quatrième était lié aux serveurs. C’est une société bruxelloise, Fujitsu Technology Solutions, qui sera en charge. Le cinquième et le sixième sont relatifs à l’infrastructure de stockage (en terme de robotique et de logiciel). "Nous étudions encore les pistes de location de l’infrastructure ou d’achat, d’où le dédoublement du marché. Cependant, il est clairement stipulé qu’un seul des deux sera attribué", précise Jean-Louis Rollé.
La suite concernera la numérisation des bandes 1’’, puis les autres supports feront à leur tour l’objet d’un marché pour leur passage en digital. "Actuellement, ces derniers sont encore en phase d’analyse et de consolidation des inventaires, ce qui n’est pas la moindre des tâches." Rappelons que la radio publique belge francophone a vu le jour en 1935 et la télévision en 1954. Au fil des ans, les inventaires ont évolué. Aujourd’hui, il s’agit également de rendre compatibles les différentes bases de données.
La suite
C’est à présent officiel, la SONUMA vient de s’associer avec l’INA en France, RTS en Suisse et Radio Canada qui regroupe la radio, la télévision et de la diffusion sur le web au Canada, afin de créer une plateforme internet commune. "Ce portail sera le premier site francophone entièrement dédié aux archives audiovisuelles sur les deux continents." |


Si digitaliser notre patrimoine est aujourd’hui considéré comme important, ce mouvement n’a pas démarré de manière aussi évidente. Il aura fallu un certain nombre d’années pour que les ingrédients soient réunis pour la mise en œuvre correcte de ces chantiers souvent hors normes. La RTBF est aujourd’hui enfin équipée pour démarrer la numérisation de ses archives au travers d’une nouvelle société : la SONUMA (Société de numération des archives). Tout est en place : les réunions techniques pour les premiers supports (Betacam et VHS) viennent de démarrer en ce début de mois de septembre. A cette occasion, nous avons rencontré Jean-Louis Rollé, administrateur délégué de la SONUMA afin de faire le point avec lui sur cette entreprise titanesque qui s’étalera sur plusieurs années.