Langue_ :

La VoD ou quand le support se dématérialise Imprimer

Début octobre, le Festival International du Film Francophone de Namur proposait en collaboration avec le Cluster Twist un colloque "Nouvelles Technologies" dédié à la Video on Demand (VoD). Ce média commence à faire parler de lui chez nous tant parce qu’il connaît une explosion dans certains pays européens, comme la France ou la Grande Bretagne, que, petit à petit, des opérateurs belges investissent dans ce nouveau média.

 

 

Actuellement, il y a plus de 300 opérateurs en Europe contre 10 opérateurs en 2003 (soit un an après son apparition sur le marché). En Belgique, l’opérateur Belgacom TV est le plus avancé. D’autres sociétés ont montré des volontés d’investir dans cette nouvelle forme de consommation de médias (VOO, Carrefour), mais elles n’en sont encore qu’aux prémisses de leur développement.

 

Qu’est-ce que la VoD ?

 

La Video on Demand (ou vidéo à la demande (VaD) en France), c’est "un large ensemble de technologies dont le but commun est de permettre de choisir un contenu vidéo et de le louer, ou de l’acheter à distance sous forme dématérialisée, afin de le visionner immédiatement ou de manière différée sur plusieurs types de supports (ordinateur, téléviseur, téléphone, lecteur portable…) dans un délai limité ou illimité" (Etude NPA, 2007). En d’autres termes, c’est pouvoir visionner des programmes TV en dehors de la grille horaire initiale, ce que l’on appelle le "catch up TV", ou pouvoir regarder des films commandés directement chez soi dans une période limitée quand il s’agit d’une location, ou illimitée lorsque le film est acheté.

 

 

Pour Lorenzo Ceccarini, de Belgacom TV, il faut véritablement considérer ce nouveau support "non pas comme une évolution mais comme une révolution". La VoD doit être consommée différemment. "En proposant ce type de produit, nous devons l’accompagner d’une éditorialisation. Il n’est pas question de lancer juste une liste de films dans laquelle le public va se servir au risque de voir toujours les mêmes titres à succès être au dessus du lot. Nous devons proposer des classements par thématique, par genre, etc., véritablement accompagner l’utilisateur dans ses choix."

 

 

En France, une plateforme VoD avec une ligne éditoriale orientée vers les productions internationales et indépendantes a vu la jour sous les traits d'UniversCiné. Jean-Yves Bloch, son directeur général, était également présent au colloque pour expliquer les différentes activités de cette plateforme. "UniversCiné se structure autour de 3 activités : nous sommes agrégateurs de contenu, distributeurs de films en VoD et éditeurs de site VoD. UniversCiné se positionne donc aussi bien comme un exploitant en direct sur Internet d’un service de VoD riche et qualitatif que comme un partenaire des plateformes généralistes." Une démarche où n'est néanmoins pas absente la notion d'éditorialisation du contenu. A l'heure actuelle, il n'y a pas d'équivalent à cette plateforme en Belgique, mais il se murmure que des accords pourraient être pris entre UniversCiné et un partenaire belge...

 

 

Actuellement, les réglementations font clairement défaut, d’autant que le cadre législatif qui devrait encadrer l’exploitation de la VoD doit tenir des différentes législations nationales, de la question de la territorialité et des divers droits d’exploitation, etc. Si la Belgique suit l’exemple de ses voisins européens, de nombreuses questions liées à ce nouveau support seront encore à soulever. La dématérialisation d’un support peut être une chance pour tous les producteurs indépendants de faire connaître leurs productions, mais aussi, elle est un risque de voir tous ces films noyés dans la masse de produits proposés via ce média.

 

Pour plus d’informations, un compte-rendu de colloque "Nouvelles Technologies" sera mis en ligne sur ce site et sur le site Internet du FIFF.