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Dimanche 9 novembre, la 35ième édition du Festival du Film Indépendant proposait en marge de sa programmation une master Class par le professeur-cinéaste Steve MONTAL (American Film Institute).
Compte-rendu et mise en perspective de la Master Class
Internet et le marketing.
Si l’intervenant s’est félicité de l’élection récente de Barack Obama à la tête de la Maison Blanche, c’est parce qu’il voit dans cette nomination une opportunité pour les Etats-Unis de s’ouvrir au monde. "De manière générale, les Etats-Unis s’engagent avec beaucoup de précaution dans des collaborations internationales", explique Steve Montall. "Résultat, les américains ont peu accès aux films étrangers." Le média Internet pourrait avoir une influence sur cette situation, mais il ne faut pas perdre de vue que "ce média agit au niveau global. Or la vision ou la découverte d’un film est par essence locale, que ce soit dans une salle de cinéma, sur une télévision, ou même sur un ordinateur."
Internet est toutefois un outil devenu incontournable dans la promotion d’un film. Il y a cinq ans, "un site internet aurait pu être suffisant. Aujourd’hui, il faut créer de l’interactivité pour pouvoir créer une communauté d’internautes ou bénéficier de ses avantages en termes de communication." Et Steve Montall d’expliquer un cas précis." Jon Hewitt, réalisateur du film Acolytes, avait peur de voir son film perdu au milieu de la programmation du Festival de Toronto. Avec quelques étudiants, nous avons créé un blog qui était mis à jour quotidiennement. Le but de ce blog était de créer un buzz. Nous avons contacté des "amis" pour leur parler du film et leur dire à quel point il valait le détour, ces "amis" ont contacté d’autres "amis". Finalement, juste avant la diffusion, le blog avait généré une réelle communauté et la salle fût remplie." Autre exemple, plus flagrant, la campagne de Barak Obama sur la toile a emporté un vif succès, puisque l’on compte près de 2.800.000 "Friends and Supporters" contre 600.000 chez John McCain. "Ce dernier a bien été présent sur des sites comme MySpace, Facebook et You Tube, mais par obligation. Il ne pouvait pas se permettre d'être absent de la planète internet. Malheureusement, il n'a suffisamment intégré l'importance de l'interaction avec les internautes, contrairement à son concurrent démocrate." Finalement, la technologie est souvent très simple, l’essentiel étant d’intégrer une fréquente mise à jour et l’ajout régulier de nouveaux membres ou "amis".
Distribuer via la toile Un film a besoin d’un impact local. Or Internet est fondé sur une approche globale. Cependant la distribution via la toile n’en reste pas moins un secteur en plein développement. "Des sites comme YouTube peuvent jouer un rôle dans la promotion ou dans la diffusion d’un film. Cependant, ce système a des limites." Au niveau de la qualité par exemple où l’on contacte une faible résolution de l’image. De même, il est tentant de mettre un film toujours en cours de production, ce qui est une erreur stratégique dans la vente du produit. Quant à un paiement des droits d’auteur, ce genre de plateforme n’est a priori pas prévu à cet effet. Cependant, ce système est amené à évoluer. Exemple parmi d'autres: YouTube et la Metro Goldwyn Mayer (MGM) qui ont annoncé le 10 novembre dernier la signature d'un accord permettant la diffusion sur le site de partage de vidéos de films et d'émissions de télévision appartenant au catalogue de la Major *.
D'autres systèmes ont également trouvé leur place sur le marché américain. Des sites comme NETFLIX permettre de recevoir en quelques instants un film en bonne qualité. Pour un abonnement de $ 15 par mois, l’utilisateur a accès un catalogue de près de 12.000 titres. "Cela a l’avantage de pouvoir visionner un film Philippin à New York." En Europe, nous connaissons davantage la VoD** qui vit un véritable essor depuis quelques années. Mais les productions ne traversent pas encore les frontières pour autant puisque chaque pays a sa propre législation et ses propres distributeurs. Sans compter le problème des réglementations en terme de chronologie des médias. Si en Belgique ce sont les studios qui fixent les délais entre les différents médias de diffusion (salle, sortie DVD, VoD, passage en télévision), la réglementation est, par exemple, plus stricte en France***.
En conclusion, Steve Montall a insisté sur l’intégration des nouveaux médias (notamment la création d’un "Buzz" on line) tant dans la promotion que dans la distribution des films. (*) A lire sur le site du Soir. (**) Lire également le compte-rendu du colloque sur la VoD organisé par le FIFF en partenariat avec le Cluster Twist (***) A noter qu'en France, le sénat relance la discussion sur la chronologie des médias. Dans le cadre des débats autour de la loi "Création et Internet", les sénateurs ont demandé à rendre l’offre plus attractive avec un raccourcissement de la chronologie des médias pour la diffusion des films, l’un des objectifs étant de lutter contre le piratage. Faute d’accord global, le décret pourrait être d’application dés le 31 mars 2009. (Source: Le Film Français - 7 novembre 2008) | A propos de Steve Montal: Diplômé de l’Université de Yale et de UCLA, Steve Montal est le fondateur du Chapman University Producers Program. Désormais directeur de développement pour l’éducation et les programmes spéciaux à l’American Film Institute, du Sprint & Interactive Multimedia Learning Technologies pour le développement de programmes éducatifs, Steve Montal écrit en outre pour les magazines Animation, Indiewire et Variety. |
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