Langue_ :

Quelques outils Relief 3D développés en Belgique (2/2) Imprimer
Mardi, 10 Novembre 2009 11:09

Nous avons vu que plusieurs sociétés en Wallonie et en Belgique s’activent très fort dans le domaine du Relief 3D, et ce à plusieurs niveaux. Au tout début de la chaîne, nous voulons porter l’éclairage aujourd’hui sur la création de l’image, avec comme guide Kommer Kleijn, chef opérateur. Pour lui, la technique n’a d’intérêt que quand elle est au service de l'histoire. Ce qui l'intéresse, c'est l'interaction entre la technique et l'homme.


Issu de la Haute école technique de Delft (Pays-Bas), ayant poursuivi sa formation cinéma, Kommer Kleijn devient chef opérateur grâce à Ghislain Cloquet et Charlie Van Damme qui lui apprennent son métier à l'INSAS. Il devient lui-même professeur à l'INSAS, au RITCS, à La Cambre. Il est membre de la SMPTE (Society of Motion Picture and Television Engineers), il a créé et préside, depuis 2005, un groupe de travail sur la problématique des cadences d'images de projection du cinéma numérique. Il a, entre autres, imposé, pour le monde entier, des cadences de 25 et 60 images par seconde pour la projection des films en salle. Kommer, en tant que membre de l'Union des professionnels du cinéma en Relief 3D, nous explique quelques éléments essentiels pour le nouveau cinéma numérique.
Normes de projection
En ce qui concerne les cadences de projection des films en salle de 25 et 60 images par seconde qui s'imposent partout, il fallait trouver un standard aussi répandu que le 35mm dans toutes les salles du monde entier. Lors des premiers travaux, Kommer a découvert qu'il y avait une petite faille. Imago (l'association des chefs opérateurs européens) l'a délégué au sein de la SMPTE pour solutionner les 2 problèmes qui étaient apparus : 1/ conserver la même qualité technique que le 35mm, c’est-à-dire pas de compression pour les 24 images/seconde ; 2/ pouvoir projeter en 25 images/secondes sans problème, dans n’importe quelle salle.
Pour le premier point nous avons opté pour une résolution temporelle de 60 images/secondes parce que l’on sait que 24 images/seconde, c'est loin en dessous de la capacité de vision de l'être humain. Ce format était aux débuts du cinéma un compromis (ne pas casser la pellicule, la pellicule qui coûte cher, le transport lourd pour 6 ou 7 bobines, etc.). A présent, avec l’électronique, tout cela est plus facile. C’est pourquoi Imago a soutenu le 60 images/secondes. Les Américains y avaient pensé en soutenant le 48 images/seconde mais celui-ci avait le désavantage d'exclure les DVD et les Blu-ray du système. Le 60 images/seconde combine tous les avantages.
Le deuxième point concerne la projection en 25 images/secondes. Le système numérique permet de projeter un film de 24 images/seconde ou 25 car il s'agit d'appareils programmés, adaptables à la bonne vitesse, sans le moindre problème, celle-ci étant incluse dans le fichier.
L’Animoko
L’activité de Kommer s’est aussi dirigée vers les caméras. Il a mis au point l'animoko, un motion control à petite échelle, développé à Londres et financé par la CFWB, qui a acheté le 1er exemplaire pour La Cambre. L’école de La Cambre avait besoin d’une caméra pour quelques réalisations en animation en volume (plasticine ou marionnettes). Les appareils existants sont très grands et très chers. Kommer a donc mis au point une machine légère (105 kg) qui a un mouvement de grue et un mouvement de rail dans l'air pour qu'il n'y ait pas de rail par terre, ce qui permet à une personne seule de l'installer sans avoir besoin d'un machiniste. Les moteurs sont lents, ce qui a l'avantage de coûter moins cher, mais aussi de ne pas blesser quelqu'un. On peut laisser le matériel aux étudiants sans inquiétude. Kommer a réussi à convaincre le numéro 1 au monde de motion control de la construire. Cette machine permet de reproduire dans les détails les images en relief, tout en combinant les mouvements des figurines et des images de synthèse. Le fabricant anglais a trouvé l'idée tellement chouette qu'il l'a mise dans son catalogue.
Le relief 3D
La position de Kommer sur le Relief 3D est intéressant, dans la mesure où il est le chef opérateur le plus expérimenté dans le domaine sur notre marché. Kommer note que le Relief 3D a déjà connu un certain succès dans les musées et dans les parcs d'attractions, ou encore lors des expositions universelles. Les salles IMAX, avec leurs très grands écrans, ont commencé à recueillir le Relief il y a une quinzaine d’années. Pour le cinéma traditionnel, le phénomène est nouveau mais se développe très fort depuis 1 an, 1 ½ an. Il y a actuellement beaucoup plus de salles équipées que lors des précédentes tentatives (dans les années 50 par exemple). On peut espérer que la vague du Relief 3D sera une réussite. Mais ce n'est pas facile de faire des films en relief qui offrent un vrai plus au niveau du récit (on en revient à la devise de Kommer : la technique n’a d’intérêt qu’au service d’une histoire). Un des grands défis est d’amener le public à un certain confort de vision, alors que les 1° minutes d’un film en Relief sont déroutantes pour qui n’a jamais tenté l’expérience. Une fois ce cap passé, on peut faire choses très intéressantes. L’autre défi est le trop peu de connaissance chez les professionnels sur la stéréographie. Hormis ceux qui ont travaillé pour les parcs d'attractions, il y a très peu de gens expérimentés pour le tournage stéréoscopique. Il faut absolument lancer des cours et des formations pour ce domaine.

Benoît RENSONNET

Sites Internet :
www.kommer.com
www.mrmoco.com
www.animoko.net
http://www.dailymotion.com/video/xadw3m_animoko-et-le-relief-par-kommer-kle_shortfilms
http://365.smpte.org
http://www.imago.org

 



Si vous souhaitez devenir membre du Cluster Twist, contactez-nous

Articles en rapport