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Mediatoon: un exemple de gestion de droits VOD Imprimer
mediatoon - pass kids illimitéEn octobre dernier, lors du Festival International du Film Francophone de Namur, le TWIST s’était engagé en tant que partenaire pour le colloque consacré aux nouvelles technologies. Le thème choisi pour ce colloque était la Video on Demand. Les nouvelles plateformes de diffusion ne cessant d’évoluer, ce sujet s’était imposé comme une des pistes les plus probables pour la diffusion des productions cinématographiques, télévisuelles ou autres. Nous avions ainsi pu constater le retard de la Belgique du côté des opérateurs de VoD (puisqu’encore aujourd’hui, seul Belgacom propose des produits VoD et que VOO ne s’est pas encore déclaré).  Mais "retard" n’est forcément synonyme d’"absence". Mediatoon Interactive gère aujourd’hui les droits VoD d’un catalogue de productions, qu’il s’agisse des productions propres au groupe de Media Participations, groupe auquel Mediatoon appartient, comme Cédric, Kid Paddle et Yakari, ou d’autres productions émanant de producteurs extérieurs.

Isabelle Denis est directrice de Mediatoon Interactive, nous l’avons rencontrée afin de comprendre comment la gestion de droits VoD pouvait être organisée.  

Préambule pour mieux situer Mediatoon interactive.


Mediatoon résulte du rachat de Dupuis par le groupe Média Participation : l’objectif était de mettre en place une structure qui assurerait la gestion des droits des éditeurs de BD du groupe de manière transversale. Cette entité va ainsi prendre en charge la commercialisation des droits de "Consumer Products" (textile, papeterie, etc.), les "Foreign Rights" (recherche de partenaires pour la distribution des bandes dessinées en langue étrangère notamment). Elle va également inclure Mediatoon Distribution en charge de la distribution des productions en télévision et en DVD, et enfin, at last but not least, Mediatoon Interactive en charge de la gestion des droits VoD et E-Reading.

Mediatoon et ses activités


Mediatoon - abonement"Mediatoon existe depuis trois ans", nous explique Isabelle Denis. "Notre première mission a été de rassembler tous les droits VoD et de les réunir dans un catalogue." L’objectif était alors de proposer ce catalogue aux différents opérateurs, comme Belgacom TV ou Orange. Aujourd’hui, la VoD peut fonctionner selon plusieurs modèles. Pour un film, il s’agira souvent d’un paiement à l’acte : l’utilisateur paie pour visionner pendant 24h un film, une formule finalement proche de la location de DVD. Pour les dessins animés, productions destinées à un public beaucoup plus jeune, ce modèle n’est pas adéquat. "Les parents ne vont pas laisser les codes d’accès permettant la location des programmes aux enfants. Sans compter que la location de 24 heures ne correspond aux habitudes de consommation des enfants." Une formule existe pour répondre à cette situation. Les opérateurs offrent pour des sommes allant de 4 à 6 € par mois la possibilité de prendre un abonnement : la SVoD. Cet abonnement permet aux utilisateurs d’accéder à un certain nombre d’heures de programme. Si l’opérateur offre 150 heures de programmes, il fera appel à plusieurs partenaires dont, par exemple, Mediatoon Interactive. Ceux-ci procureront chacun une partie de ces programmes, une partie renouvelable partiellement tous les mois.

Prenons un cas théorique : l’opérateur offre 150 heures programmes par mois, dont 30 heures livrées par Mediatoon. Dés le second mois, Mediatoon devra rafraichir la moitié de ces heures en proposant d’autres épisodes. Et ainsi de suite pour les mois suivants. L’objectif de ce "rafraîchissement" est d’ajuster l’offre à la demande. Concrètement, des programmes pourront ainsi rester plusieurs mois et d’autres ne resteront qu’un seul mois en fonction du succès qu’ils rencontrent auprès des spectateurs.

"Nous établissons des grilles des programmes en fonction des programmes destinés aux garçons, aux filles et aux "preschool". Mais le catalogue se construit au fur et à mesure des résultats rencontrés. Notre métier se rapproche finalement très fort de la direction de programmation", continue la directrice de Mediatoon. La marque développée pour ces programmes de jeunesse porte désormais un nom : eToon. "Notre mission ne s’arrête pas à la sélection de programmes. Nous devons également créer des "visuels" pour accompagner ces programmes : mettre en avant les nouveautés, réaliser un guide pour naviguer entre les épisodes, etc." Et Isabelle Denis de préciser que ce travail éditorial et marketing doit être décliné différemment en fonction de chacun des opérateurs.

Le catalogue de Mediatoon comprend évidemment les productions émanant du groupe Media Participations. Il tend à s’ouvrir à d’autres producteurs qui ne disposent pas de l’infrastructure nécessaire pour se mettre sur le marché. Cependant cette ouverture se fait suivant une ligne éditoriale claire : le programme doit être familial.


Actuellement, 70% du marché VoD est réalisé sur IPTV. Les utilisateurs commencent à regarder des vidéos sur le web, mais cela résulte encore de phénomènes viraux et non des habitudes de consommation. "Pour les ordinateurs, nous privilégions l’accès gratuit, la freeVoD. La stratégie est la suivante : pour chacune des saisons, nous sélectionnons deux épisodes que les internautes pourront visionner gratuitement. Il s’agit en quelque sorte d’un produit d’appel, considérant que le tout gratuit ne correspond aux attentes ni des chaînes de télévision, ni aux plateformes VoD."

itune lucky luke"Par exemple, avec des sites spécialisés en vidéo, nous proposons des programmes gratuits dont la diffusion est précédée d’une publicité." C’est cette dernière qui "finance" la diffusion du programme en question. Autre formule, le download payant. Le consommateur peut télécharger un épisode sur une plateforme (comme Itunes  par exemple) et conserver le programme autant de temps qu’il le souhaite. L’utilisateur a alors la possibilité de visionner un extrait du programme pour se faire une idée de ce qu’il sélectionne. "Nous fonctionnons aussi sur le principe de la catch up TV : un programme est diffusé le samedi sur une chaîne et il est disponible à la vente le lendemain sur la plateforme."

Clic movieClic MovieAutre exemple de collaboration, clicmovies.net. Ce site belge permet le download définitif. En s’associant avec Divx, il offre la possibilité de graver le programme sur un DVD et le visionner sur la télévision via un lecteur de salon.

Sur le plan économique, les modèles diffèrent d’un opérateur à l’autre. "Nous avons généralement des  "revenue share", avec minimum garanti. Nous assistons à une évolution du marché où le système se rapproche de celui de la distribution traditionnelle. Il faut bien se rendre compte que les opérateurs ont accès aux clients et à la facturation directe, et sont donc le dernier chaînon entre nous et le consommateur final. Celui qui proposera le plus de marketing innovant, de partenariats, de visibilité tout en disposant d’un catalogue fort sera le mieux positionné.»


Enfin, dernier principe, la diffusion de programmes sur les téléphones mobiles. "Nous lançons une série, Le calendrier du Père Noël, avec Mobistar durant la période de l’avent."

Tant sur le plan des modèles économiques que sur le plan technologique, notre époque connaît une constante évolution. Le secteur est véritablement en recherche et teste sans cesse de nouvelles formules. S’il reste difficile de savoir les modes de consommation de demain, il n’en reste pas moins que les nouvelles formes de plateformes de diffusion ne sont pas à négliger parce que la place qu’elles prennent dans la nouvelle configuration du paysage audiovisuel et dans les habitudes de consommation, ne cesse de croître.

 

Propos recueillis par VBdT.