| Le Tax Shelter élargi au jeu vidéo? |
|
| Mercredi, 11 Février 2009 11:27 | |
En novembre dernier, deux députés fédéraux déposaient conjointement une proposition de loi visant à élargir le système de financement du Tax Shelter dans le secteur du jeu vidéo. D’une part, parce que ce mécanisme est utilisé par un certain nombre des membres clusters et, d’autre part, parce que nous avons, toujours parmi nos membres, des développeurs de jeu, nous avons tenu à rencontrer l’une des dépositaires, Mme Meyrem Almaci, députée Groen, avec l’un de nos membres actif dans le domaine, Belle Productions. Le secteur du jeu vidéo est généralement plus soutenu dans des pays proches, tels que les Pays-Bas ou la France. Grâce à des systèmes de subventions ou de crédit d’impôt, nos voisins ont vu leur marché se développer de façon remarquable. La Belgique est un pays qui possède une tradition créative forte. La présence d’écoles le prouve. Mais nos talents doivent régulièrement se délocaliser pour trouver des projets suffisamment financés. "Avec cette proposition de loi, nous souhaitons donner la possibilité au secteur du Gaming de se développer", explique Meyrem Almaci. "Actuellement près de 400 personnes en Belgique travaillent dans le jeu vidéo. D’après une étude américaine, il y a un véritable potentiel de croissance en termes d’emploi." En 2007, le public belge a dépensé davantage en jeux qu’en musique. La même année, le chiffre d’affaire de l’industrie du logiciel de loisirs s’élevait à plus de 280 millions d’€. Par ailleurs, certains jeux flamands ont emporté un vif succès, comme Ketnet Kick ou Divine Divinity. La démarche des députés écologistes résulte d’une volonté de défendre le secteur culturel. "Si des dispositifs d’aides sont mis en place, les jeux qui répondent à certains critères de la norme PEGI (Système de classification pan-européen pour les jeux informatique et les jeux vidéos) seront privilégiés." En arguant du fait que le jeu vidéo est un produit culturel, la France a instauré un mécanisme d’aide qui permet aux sociétés de demander une déduction fiscale de 20% sur les coûts salariaux (avec un plafond de 3 millions d’€ par an). Autant dire que ce système entraine une rude concurrence entre les deux pays. D’ailleurs, certains développeurs belges nous ont déjà fait part de leur volonté de se délocaliser dans le Nord de l’Hexagone. La piste du Tax ShelterEn mai dernier, le Ministre des finances, M. Didier Reynders, faisait part de sa volonté d’étendre le système aux infrastructures sportives et à la culture. Dans ce cas-ci, la démarche se veut plus ciblée. "Ce sont les mêmes personnes qui travaillent dans les secteurs du cinéma et du jeu vidéo. Les travailleurs sortent des mêmes écoles", explique François Delpierre de Belle Productions. "Par ailleurs", enchaîne Meyrem Almaci, "le secteur du jeu vidéo est associé à celui de l’audiovisuel en France et aux Pays-Bas. La distinction n’est présente qu’en Belgique". Sans compter qu’aux Etats-Unis, le développement d’un jeu associé à un film se fait en parallèle avec la réalisation du film en question. "Elargir ce mécanisme de financement est finalement assez naturel." D’ici quelques semaines, cette proposition de loi devrait être mise à l’agenda de la Commission des finances. Si elle est approuvée, elle pourrait entrer en application en 2010.
|



Le secteur du jeu vidéo est généralement plus soutenu dans des pays proches, tels que les Pays-Bas ou la France. Grâce à des systèmes de subventions ou de crédit d’impôt, nos voisins ont vu leur marché se développer de façon remarquable. La Belgique est un pays qui possède une tradition créative forte. La présence d’écoles le prouve. Mais nos talents doivent régulièrement se délocaliser pour trouver des projets suffisamment financés. "Avec cette proposition de loi, nous souhaitons donner la possibilité au secteur du Gaming de se développer", explique Meyrem Almaci. "Actuellement près de 400 personnes en Belgique travaillent dans le jeu vidéo. D’après une étude américaine, il y a un véritable potentiel de croissance en termes d’emploi." En 2007, le public belge a dépensé davantage en jeux qu’en musique. La même année, le chiffre d’affaire de l’industrie du logiciel de loisirs s’élevait à plus de 280 millions d’€. Par ailleurs, certains jeux flamands ont emporté un vif succès, comme Ketnet Kick ou Divine Divinity.