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Interview exclusive du Ministre Jean-Claude Marcourt. Imprimer
Mardi, 13 Octobre 2009 10:38

marcourt_cadreAu début d’une nouvelle législature en Région wallonne
Début octobre, au moment où l’industrie audiovisuelle en Wallonie résonne au cœur de Namur, au FIFF, c’est le bon moment faire un tour de la question économique du cinéma et des médias avec son ministre, Monsieur Jean-Claude Marcourt. Voici les principaux sujets qui ont été abordés.

Q : Le nouveau décret sur les clusters était en cours de préparation avant les élections. Qu’en est-il aujourd’hui ?
R : Le nouveau décret avait mis en suspens en troisième lecture à la fin de la précédente législature. Aujourd’hui, la procédure suit son cours.
Q : La politique en faveur de l’industrie culturelle a été dynamique ces dernières années. Parmi les diverses actions, nous pouvons citer les Journées « Cinéma Made in Wallonia », le développement de Wallingant (ligne « dessin animé », Bruxelles Image) ainsi que la Sonuma. Pouvons-nous en dire de plus ?
R : La SONUMA, société au capital de 40 millions d’€ dont 24 en cash (20 RW, 4 CFWB) et 16 millions de valorisation des archives RTBF) qui emploie actuellement 10 personnes, a été lancée avec le projet éditorial suivant : faire l’inventaire du patrimoine en surmontant les 2 principales difficultés que sont la diversité des supports et l’absence de toute information pour beaucoup de documents existants. Sans oublier le problème des droits d’auteur.
Au point de vue technique, toute l’équipe cherche à automatiser les inventaires et les transferts entre fichiers. Ce qui est en Beta et VHS pourrait ainsi être travaillé début 2010. Par exemple quelques années de Journal Parlé et peut-être de JT. L’analyse de l’équipement nécessaire est en cours. Un des points le plus sensible est le stockage.
Enfin, l’objectif est de mettre en ligne les premières archives sur le site au deuxième trimestre 2010 pour consultation d’abord (accessible à tous) puis pour vente.100.000 heures d’archives devraient être numérisées et accessibles au public (et aux professionnels) dans les 3 à 5 ans.
Q : L’avenir proche, ce sont de nouvelles instances de financement. Nous pensons à St’Art. En quoi consiste ce fond ?
R : A l’heure actuelle, nous remarquons un intérêt croissant pour la culture tant en termes sociologiques qu’économiques. Si bien que depuis peu, une réflexion a été menée au sein de la commission européenne, et notamment au travers de la stratégie de Lisbonne, afin de faire jouer à la culture un rôle de premier ordre dans les années à venir. Il y a de plus en plus de partenaires privés (sous toutes les formes) qui interviennent, ou souhaitent intervenir, dans le financement de projets de type culturel ; aujourd’hui économie et culture ne sont plus antinomiques. En effet, ces projets prennent une importance croissante au sein des économies post-industrielles modernes car plus prometteuses en termes de croissance et de création d’emplois que les autres secteurs.
Afin de se rapprocher de cette nouvelle tendance et étant donné qu’aucun organisme financier public n’était spécialisé dans ce type de projet, la Région wallonne et la Communauté française ont décidé conjointement de créer un fonds d’investissement culturel.
Pourraient ainsi être soutenus l’industrie musicale et l’organisation de concerts ; le design et la création de mode ; les médias imprimés et de la conception graphique ; l’édition et la librairie ; la comédie musicale et les arts de la scène ; la distribution dans les arts plastiques.
D’un point de vue financier, le fonctionnement est le suivant : la société est dotée d’un capital de 10 millions d'euros (50% RW et 50% CFWB). Après le lancement de la société, le secteur privé, tels que les organismes financiers, devront être démarchés afin que le fonds devienne un véritable partenariat public-privé. L’objectif serait de porter le capital total à 20 millions d'euros. Son mode d’intervention serait le financement de projets à court et moyen terme (3 mois à 5 ans) ; l’augmentation de capital dans les sociétés ; les prêts subordonnés (c’est-à-dire un prêt complémentaire à un prêt classique) ; les prêts hypothécaires (pour des rénovations et des mises en conformité d’immeubles).
Q : Est-ce la présidence belge de l’UE en 2010 va donner une certaine orientation européenne aux projets d’industrie culturelle ?
R : En matière d’industrie et de compétitivité, une des priorités de la présidence belge 2010 sera les politiques de clusters et les pôles de compétitivité. Ces politiques se retrouvent dans plusieurs pays d’Europe et font partie de la réflexion des pouvoirs publics régionaux, nationaux et européens,  quant à leur impact sur la compétitivité. La présidence belge se penchera sur cet aspect à travers des activités spécifiques qui seront identifiées dans les semaines à venir.  Quant à l’industrie culturelle et en particulier audiovisuelle, elle fera l’objet d’un colloque européen en cours de présidence.
Q : en ce qui concerne le cluster TWIST, comment peut-on décrire son insertion dans cette industrie audiovisuelle et culturelle ?
R : Outre un échange mensuel d’informations, Wallimage et TWIST ont décidé de se coordonner sur les opérations de promotion du cinéma et de ses métiers, afin de donner une image la plus cohérente possible du secteur. Ce fut le cas sur l’opération Cinema Made in Wallonia et ce le sera également pour la présence à Cannes, qui se fera également en intelligence avec Wallonie Bruxelles Images. Le même type de collaboration existe avec Wallonie Bruxelles Images, via une coordination et une mutualisation de coûts pour la présence aux événements du secteur du cinéma, à commencer par les festivals de Cannes et Annecy. 

Benoit Rensonnet