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Interview exclusive de François MANTELLO lors de 3D Stereo MEDIA Imprimer
Mercredi, 02 Décembre 2009 01:58

Durant cette première journée de 3D Stereo MEDIA, François Mantello, Chairman & Chief Executive Officer de 3D Entertainment Films et membre du jury du festival, a accepté de nous livrer ses premières impressions sur cet évènement consacré à l’image en relief.

François Montello : Organiser un festival autour de l’image en relief n’est pas une tâche aisée mais je pense que ce salon et le cycle de conférences qui l’entoure dédiés à l’image en relief est une réussite. La production de films en relief connaît actuellement une croissance exponentielle : on en parle partout ! Dès lors, il faut qu'il y ait des échanges entre créateurs, producteurs, techniciens. La technique spécifique du relief a une influence directe sur l’écriture des films.
Comment le relief modifie-t-il l’écriture d’un film ?
FM : La première étape et qui n’est pas la plus aisée est qu’il faut comprendre qu'il faut écrire les films pour le relief. Un réalisateur ou un scénariste se doit de comprendre la technique du relief pour que les films utilisent le relief correctement. Contrairement aux autres révolutions qu’a connues le cinéma (le son, la couleur), pour le relief, il faut changer radicalement le type d’écriture en gardant à l’esprit le produit final. Actuellement, les films doivent faire face à une problématique : être distribués en 2D et en relief. Pour l’instant, on s’accommode d’un juste milieu entre les deux. Mais pour un certain nombre de réalisateurs et producteurs comme Ben Staessen, le film n’est écrit que pour sa version en relief. Bref, un résultat complètement adapté au média. Le relief est réellement le nouveau média avec lequel il faut apprendre à travailler. Des formations sont nécessaires sur toute la chaine de production : écriture, réalisation, technique, production...
Pensez-vous que dans 10 ans tous les films qui sortiront en salles seront en relief?
FM : En tout cas, ils pourront tous être filmés en relief, même des films plus intimistes. L’atout majeur du relief est qu’il fait disparaitre le cadre de l'écran : le spectateur est réellement immergé dans la scène. On touche là à une émotion différente : le spectateur participe beaucoup plus l’action. Il faut espérer que le relief poussera les spectateurs à retourner dans les salles de cinéma au lieu de lui privilégier le confort douillet d’un home cinéma.
Pour ceux qui ne vous connaissent pas, Au niveau de vos expériences personnelles:
FM : Voilà 18 ans que mon frère et moi faisons du relief. Nous avons fait des films d’entreprise, des films de parcs d’attractions, des films Imax. Nous sortons actuellement Ocean World 3D, un film qui sera d’ailleurs distribué par Disney aux Etats-Unis.
Quand nous avons commencé à travailler dans le relief, il n’y avait pas d'outils de postproduction, nous  avons du créer nos propres outils pour faire du montage en relief.  Aujourd’hui, toute la chaine de postproduction a évolué et des outils sont développés spécifiquement pour le relief.
Quel regard jetez-vous sur l’Europe par rapport aux Etats-Unis en matière de relief ?
FM : Ce qui manque aux sociétés européennes, c’est une vision internationale des projets : concevoir les films pour l'international avec en tête les Etats-Unis. Nous finançons nous-mêmes nos propres films, nous ne recevons pas d'aides d’état.
Quand on produit un film sur ses propres fonds, on fait plus attention à l'argent. La partie business devient beaucoup plus importante. Dès lors, nos films peuvent être diffusés dans le monde entier.
Quand un film a été financé par de l'argent public et que tout le monde a été payé via ces fonds : les résultats du film importent moins. Aux USA, lier création et argent ne pose pas de problèmes. Si vous discutez avec Cameron, Spielberg ou Lucas, vous constatez vite qu’il s’agit de business men très aguerris.
Le mot de la fin ?
FM : Longue vie à 3D Stereo MEDIA !

 



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